“Il y a une forme de banalisation de la mobilisation et une incapacité à se réinventer”

“Il y a une forme de banalisation de la mobilisation et, surtout, une incapacité des ‘gilets jaunes’ à se réinventer en matière de communication politique, a estimé sur franceinfo samedi 20 avril Arnaud Benedetti, professeur associé en histoire de la communication à l’université Paris IV Sorbonne. Les mesures qu’entend prendre le président ne sont pas des mesures qui sont susceptibles de calmer les ‘gilets jaunes'”, a-t-il poursuivi.

franceinfo : Comment analysez-vous cette nouvelle journée de mobilisation ?

Arnaud Benedetti : Le face-à-face continue et les ‘gilets jaunes’ persistent à mettre la pression sur le président, et le gouvernement, au moment où il s’apprête à annoncer les mesures qu’il entend prendre pour résoudre la crise. Finalement, on est dans la reproduction d’un phénomène qui, depuis 23 semaines, ne cesse d’égrainer la vie politique et sociale avec un petit fléchissement de la mobilisation. Le plus important, c’est la bataille de l’opinion publique, entre le président et les ‘gilets jaunes’. On voit que cette opinion publique a, d’une certaine façon, infléchi son soutien mais il reste toutefois important après plus de cinq mois de mobilisation.

Pourquoi ce fléchissement ?

Le fléchissement de la mobilisation ne veut pas dire fléchissement du soutien. Il est lié à la répétition, (…)

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pour Bernard Lavilliers, le mouvement «vire au poujadisme» 

D’abord soutien des manifestants en colère, le chanteur de 72 ans a exprimé ses réserves quant à l’avenir du mouvement dans une interview accordée à Paris Match. L’interprète d’On The Road Again y voit du corporatisme réactionnaire et craint un rapprochement avec le Rassemblement national.

«On the road again»: c’est la route de l’Amérique du Sud qu’arpente Bernard Lavilliers depuis la fin de sa tournée. À Buenos Aires, le chanteur de 72 ans prépare son 22e album studio. Sous le soleil argentin, l’interprète de San Salvador suit l’actualité des «gilets jaunes» d‘un œil attentif, comme il l’explique dans une interview accordée à Paris Match . «Au début, j’ai signé derrière eux, avoue-t-il. Mais là, ça vire au poujadisme. Et on sait où le poujadisme mène: au Front national.»

Étonnant, l’«anar» revendiqué, glisse même quelques remarques positives envers Emmanuel Macron. «À part lui, je ne vois aucune autre alternative», précise-t-il à nos confrères, tout en conservant une certaine distance vis-à-vis de la politique. «Je n’ai jamais soutenu qui que ce soit, clame le chanteur à la boucle d’oreille. Je chante dans les usines, c’est tout. Je suis un anarchiste, je suis du côté des syndicats. Jamais tu ne me verras du côté des hommes politiques.»

» LIRE AUSSI – Bernard Lavilliers: «Nuit Debout se réclame d’une forme d’anarchie»

Quelques mois avant la dernière élection présidentielle, le chanteur avait taclé François Hollande, dont le quinquennat l’avait grandement déçu. Il avait apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon, expliquant qu’il voterait pour le candidat de la France insoumise. «Je préfère me définir comme un artiste dégagé, avec de l’humour, de l’ironie et de la poésie, avait-il ajouté, précisant que ses chansons n’étaient pas «des tracts de la CGT».

À VOIR AUSSI –Points de vue du 19 avril: Notre-Dame, désobéissance civile, “gilets jaunes”, SNCF – Regarder sur Figaro Live




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Acte XXIII des Gilets Jaunes à Lyon


En images : Acte XXIII des Gilets Jaunes à Lyon














Environ 500 Gilets jaunes ont manifesté ce samedi 20 avril dans les rues de Lyon. Partis de Saint-Jean, ils ont traversé Bellecour et Guillotière et ont terminé leur manifestation aux alentours de Gerland.



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Gilets jaunes : Reporters sans frontières et le SNJ dénoncent des atteintes à la liberté d’informer

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont dénoncé dimanche des atteintes à la liberté d’informer après des incidents entre forces de l’ordre et journalistes samedi lors de l’acte 23 des gilets jaunes.

“Il y a eu plusieurs interpellations de journalistes et d’autres incidents”, a déclaré Vincent Lanier, premier secrétaire national du SNJ, en référence notamment à l’interpellation de deux reporters indépendants à Paris, Gaspard Glanz et Alexis Kraland.

“Les forces de l’ordre sont mobilisées chaque samedi pour empêcher les violences, assurer la sécurité des manifestants, mais aussi celle des journalistes, régulièrement – et ce samedi encore – prises à partie. Si des journalistes sont interpellés – ce qui peut arriver – ils ne le sont évidemment pas ès qualités mais en raison des infractions relevées“, a indiqué dimanche le ministère de l’Intérieur.

“L’impression que certains sont ciblés”

Glanz et Kraland ont été placés en garde à vue samedi, notamment pour “participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations”, selon le parquet de Paris.

“On commence à se poser des questions : est-ce qu’il n’y a pas une volonté déterminée d’intimider notamment les photographes sur le terrain ? On a l’impression que certains sont ciblés”, a dénoncé Vincent Lanier du SNJ. “Il y a des tensions, c’est vrai, sur le terrain entre des policiers et des photographes, mais de là à interpeller, il y a un gros problème. On est sur une pente très dangereuse par rapport à la liberté d’informer, c’est la liberté de la presse qui est menacée”.

“Cela va à l’encontre du droit et de la liberté fondamentale d’informer. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement ces manifestations afin de pouvoir rapporter leur déroulement et les agissements des manifestants comme celui des forces de l’ordre”, a de son côté regretté Catherine Monnet, rédactrice en chef adjointe à RSF.

Plusieurs journalistes blessés

Plusieurs journalistes ont été blessés samedi lors des manifestations. À Toulouse, deux journalistes ont été touchés par une “grenade de désencerclement”, selon leur témoignage ou celui de leur employeur.

À Paris, un photographe de l’AFP “a reçu une grenade lacrymogène dans les jambes” et a “pris un coup, hors action” de la part d’un policier, a indiqué son rédacteur en chef photo France Olivier Morin.

Une vidéaste de l’AFP a également indiqué que sa chaussure avait pris feu après le tir d’une grenade de désencerclement. Elle a été prise en charge par des “street medics”.  




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la haine «anti-flic» gagne les «gilets jaunes» 

VIDÉOS – Le parquet de Paris a ouvert une enquête dimanche après les «suicidez-vous» lancés aux policiers lors de l’acte XXIII à Paris.

L’indignation ne redescend pas après l’écœurante séquence mettant en scène, samedi après-midi place de la République, un groupe de «gilets jaunes» invectivant les forces de l’ordre en leur scandant: «Arrêtez de nous regarder, suicidez-vous!» Dans les rangs de la police, cet épisode témoigne d’une haine «anti-flic» qui gagne chaque semaine du terrain au sein d’un mouvement désormais recroquevillé sur sa frange la plus radicale et récupéré en partie par des activistes rêvant du grand soir. «Alors que l’on déplore 28 suicides dans nos rangs depuis le début de l’année, soit un tous les quatre jours, ce type de comportement provoque une vraie colère, se révolte Daniel Chomette, secrétaire général adjoint du Syndicat général de la police (SGP). Que certains groupuscules distillent leur haine des forces de l’ordre et de la République, c’est une chose. Mais en venir à souhaiter la mort de nos collègues, c’est profondément immonde, d’une bassesse que l’on n’imaginait pas. On a touché le fond.»

» LIRE AUSSI – Suicides de policiers: recueillement et colère devant des commissariats

Paris : des manifestants chantent «suicidez-vous» aux policiers – Regarder sur Figaro Live

Castaner interpellé

Décidés à ne pas en rester là, les syndicats aiguillonnent la Place Beauvau pour retrouver les coupables. Ils en appellent à Christophe Castaner: «Il est du devoir du ministre de l’Intérieur de déposer plainte pour lancer une enquête et identifier ces individus», assure dimanche au Figaro David Michot, secrétaire national CRS Unsa-police, qui rappelle qu’en vertu de l’article 223-13 du Code pénal sur la «provocation au suicide», les mis en cause pourraient être punis jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amendes.

Sans attendre, l’hôte de Beauvau a réagi: «Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie! Soutien total à nos forces mobilisées et à leurs familles. L’immense majorité des Français sait ce qu’elle leur doit.»

«La bêtise crasse de certains slogans haineux ne mérite même pas notre indignation, a renchéri Éric Morvan, directeur général de la police nationale. Qu’à tout le moins elle ouvre les yeux de ceux qui, au nom d’idéaux politiques dévoyés, justifient les violences, physiques et verbales et, ce faisant, les encouragent en se donnant bonne conscience.» Dimanche, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une «enquête d’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique commis en réunion» et l’a confiée à la sûreté territoriale de Paris.

» LIRE AUSSI – À Paris, les heurts de «l’acte XXIII» augurent le pire pour le 1er mai

La haine «anti-flic» qui gagne le mouvement des «gilets» est devenue un réel sujet d’inquiétude. Jeudi dernier, une source policière de haut rang a tiré le signal d’alarme: «Depuis deux ou trois semaines, le phénomène de “cop-watching” visant à diffuser des photos, noms et adresses de policiers réapparaît de manière inquiétante via des comptes Facebook de “gilets jaunes”.»

Délation en ligne

Lancé à l’origine par des trafiquants de drogue contre des enquêteurs qui leur mettaient des bâtons dans les roues dans les cités, ce phénomène de délation sur Internet a été repris par les propagandistes du terrorisme islamiste. Là encore, bien avant que cette pratique ne se propage parmi les émeutiers, plusieurs alertes ont été lancées à Beauvau, qui a obtenu la fermeture de sites.

L’atmosphère est à ce point pestilentielle que plusieurs leaders syndicaux ont essuyé des menaces de mort. «Récemment, j’ai fait un signalement parce qu’une dame m’a écrit sur Facebook pour m’avertir qu’elle me planterait d’un coup de couteau si elle me croisaitdans Paris, confie ainsi David Michot. Désormais, la menace fait que je suis armé en permanence lors de mes déplacements syndicaux.» À force de voir les ultras souffler sur les braises, les policiers n’excluent plus le risque du passage à l’acte d’un déséquilibré.

«Gilets jaunes» Acte XXIII : la manifestation en caméra embarquée – Regarder sur Figaro Live




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«Gilets jaunes» : l’AP-HP rejette des accusations de «fichage»

L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a rejeté samedi des accusations de «fichage» de patients après l’annonce d’une plainte contre X d’un «gilet jaune» blessé évoquant un possible fichage «illicite» par l’hôpital l’ayant opéré.

Le 9 février près de l’Assemblée nationale, le manifestant Sébastien Maillet, 30 ans, avait eu la main arrachée par une grenade GLI-F4 qui avait explosé. Il avait ensuite été opéré à l’hôpital européen Georges-Pompidou.

Son avocat a annoncé vendredi qu’il allait déposer plainte contre X pour «collecte illicite de données à caractère personnel» et «violation du secret professionnel», après un article publié cette semaine par le Canard enchaîné.

L’hebdomadaire fait état d’un recensement nominatif par les hôpitaux parisiens des personnes blessées lors des manifestations des «gilets jaunes», dans un fichier appelé «SI-VIC» (système d’information pour le suivi des victimes), et mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l’identification des victimes d’attaques.

Sur la base de ces informations, Sébastien Maillet estime que le fichier a été détourné de sa finalité, avec «pour objectif de créer une liste de personnes militantes».

Dans un communiqué intitulé «mise au point sur un prétendu ‘fichage’ de patients», l’AP-HP confirme que «dans le contexte des manifestations des gilets jaunes», l’utilisation du fichier a été déclenché à la demande de l’Autorité régionale de Santé.

Ce fichier est utilisé «en cas de situations sanitaires exceptionnelles», accident, incendie, attentat ou «grand évènement susceptible de conduire à un nombre important de victimes». 

Et certaines des manifestations des derniers mois «ont été des événements sanitaires importants», avec «plusieurs centaines de blessés» pris en charge dans les hôpitaux parisiens, souligne le communiqué.

«Outil de régulation et d’information sanitaires, SI-VIC a joué son rôle dans une période où toute erreur dans la prise en charge des malades aurait été un élément de renforcement de la violence», justifie l’AP-HP, notant son intérêt pour la «coordination» entre les services de secours. 

L’AP-HP note d’autre part que le fichier contient des éléments personnels (sexe, date de naissance, nom, prénom, nationalité, adresse) mais «dans le respect du secret médical, il ne comporte (…) aucune donnée sur la nature des blessures prises en charge».

Le Conseil national de l’Ordre des médecins avait indiqué vendredi avoir saisi le ministère de la Santé et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) sur l’utilisation de ce fichier «dans le contexte du mouvement social dit des gilets jaunes», s’interrogeant notamment sur le secret médical.


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indignation après les «suicidez-vous» lancés aux policiers

«Ignoble», «honteux», «abject» : la classe politique a fait part de son indignation après les slogans «suicidez-vous, suicidez-vous» lancés aux forces de l’ordre ce samedi 20 avril à Paris lors de l’acte XXIII des «gilets jaunes» marqué par un regain de tension. Le parquet a annoncé l’ouverture d’une enquête à Paris pour “outrage à personne dépositaire de l’autorité publique commis en réunion”.

» LIRE AUSSI – Acte XXIII des «gilets jaunes»: 27.900 manifestants en France, incidents à Paris

«Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie ! Soutien total à nos forces mobilisées, et à leurs familles. L’immense majorité des Français sait ce qu’elle leur doit», a tweeté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dénonçant ces faits intervenus place de la République à Paris.

«Ils crient : ‘suicidez-vous’. Depuis janvier, 28 policiers se sont suicidés. Deux fois plus que l’an dernier. Autant de familles détruites, auxquelles ce cri inhumain doit retourner le cœur… Aucun de ceux qui ont crié cela ne doit rester impuni. Aucun», s’est également ému la tête de liste LR pour les élections européennes, François-Xavier Bellamy.

«Haine de la police»

«Ignoble» et «abject», a réagi le maire LR de Nice, Christian Estrosi. «Honteux et indigne», a ajouté le député LR Eric Ciotti, alors que cette nouvelle journée de mobilisation des «gilets jaunes» intervenait au lendemain d’un appel national des syndicats de police à des rassemblements en hommage aux collègues qui se sont suicidés.

«Comment tenir de tels propos là où si souvent les Français se sont rassemblés dans la dignité et en hommage à la République ? Cette foule n’est pas le peuple. Condamnons ensemble ces paroles révoltantes», a déploré Nathalie Loiseau, tête de liste LREM et ancienne ministre des Affaires européennes.

» LIRE AUSSI – À Paris, les heurts de «l’acte XXIII» augurent le pire pour le 1er mai

«Comment peut-on scander ‘suicidez-vous’ aux forces de l’ordre ?! C’est honteux enfin !! Cette haine de la police est idéologique et hélas systématique dans les rangs des anarchistes», s’est également indignée la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen.

Le vingt-troisième samedi de manifestation des «gilets jaunes», mobilisés depuis cinq mois en France, a été marqué par de nouvelles violences à Paris, avant les réponses attendues jeudi d’Emmanuel Macron à la crise. 9000 manifestants étaient réunis dans la capitale pour un peu moins de 28.000 sur l’ensemble du pays.




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Gilets jaunes : insultes envers les policiers

Certains manifestants ont appelé les policiers à se suicider lors de la manifestation des “gilets jaunes”, ce 20 avril. Ces mots ont résonné hier comme une gifle place de la République : “Suicidez-vous, suicidez-vous !” Ces manifestants, dont beaucoup portent un gilet jaune, s’adressent aux forces de l’ordre. Un appel au suicide, au lendemain d’une journée d’hommages devant les commissariats.

Vendredi 19 avril, tous les policiers pleuraient la mort d’un des leurs âgé de 25 ans qui s’est donné la mort. C’est le 28e depuis le début de l’année. Dans ce contexte, les mots scandés samedi 20 avril par les manifestants révoltent particulièrement les policiers. “C’est surtout un slogan dégueulasse. On ne joue pas avec la mort, pour quelque motif que ce soit. La vie humaine est sacrée.“, assène David-Olivier Reverdy du syndicat alliance police nationale. 

La classe politique elle aussi s’indigne à l’unisson. “C’est indéfendable, c’est insupportable, c’est immonde“, lâche Raphaël Glucksmann, tête de liste Place publique – PS – Nouvelle donne. “Honteux et indignes“, renchérit Eric Ciotti, député Les républicains. 

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Acte XXIII des gilets jaunes: Mobilisation en baisse en France, en hausse à Paris avec des tensions

GILETS JAUNES – Après plus de cinq mois de mobilisation, des milliers de gilets jaunes sont redescendus dans la rue samedi pour un acte 23 marqué par un regain de tension à Paris avant les réponses d’Emmanuel Macron au grand débat, attendues jeudi.

Selon le ministère de l’Intérieur, le nombre de manifestants a reculé sur l’ensemble du pays (27.900 contre 31.100 la semaine précédente), mais a quasiment doublé dans la capitale (9.000). Selon leurs estimations, les gilets jaunes ont comptabilisé plus de 100.000 manifestants en France.

Réunies pour lancer un nouvel “ultimatum” à Emmanuel Macron, plusieurs milliers de personnes ont marché à Paris au départ de Bercy, dans le sud-est de la capitale, sous un grand soleil. Les premières échauffourées ont éclaté en début d’après-midi près de Bastille, avant de se concentrer sur la place de la République, point d’arrivée du cortège.

“Suicidez-vous, suicidez-vous”

Pendant l’après-midi, la place a été régulièrement plongée dans un nuage de gaz lacrymogènes tandis que des manifestants jetaient bouteilles et autres projectiles en direction des forces de l’ordre. Plusieurs enseignes ont été vandalisées, a constaté une journaliste de l’AFP.

 Amplifiant le climat de tension, certains manifestants ont crié “Suicidez-vous, suicidez-vous” aux forces de l’ordre, alors que la police est touchée par une vague de suicides sans précédent. “Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie”, a twitté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

 Après plusieurs heures de face-à-face tendu, le rassemblement se dispersait lentement vers 19h sur la place de la République où la circulation automobile avait repris, ont constaté des journalistes de l’AFP. La police a procédé à Paris à 227 interpellations et à plus de 20.500 contrôles préventifs, selon la préfecture. À 19h, 178 personnes avaient été placées en garde à vue dans la capitale, dont six mineurs, selon le parquet.

Des heurts pour ce nouvel “ultimatum”

Malgré les craintes des autorités qui avaient déployé 60.000 policiers et gendarmes dans le pays, les heurts ont été sans commune mesure avec ceux du premier “ultimatum” du samedi 16 mars, pendant lesquels les Champs-Elysées avaient été saccagés.

 “Malgré la volonté de certains manifestants de casser à nouveau (…), le travail des forces de l’ordre et leur professionnalisme ont permis de protéger les biens et les personnes”, a salué M. Castaner dans un communiqué. Une vision toutefois contestée par la mairie de Paris dont le premier adjoint Emmanuel Grégoire a dénoncé des dégâts “très importants” et critiqué un dispositif de sécurité “pas satisfaisant”.

Les annonces de Macron en ligne de mire

La manifestation parisienne avait commencé dans le calme autour des revendications traditionnelles pour plus de pouvoir d’achat et de démocratie directe. Un autre cortège, parti de la basilique de Saint-Denis et beaucoup moins suivi, s’est déroulé sans le moindre incident.

“On veut vivre dignement. Moi j’ai ma retraite mais je suis là pour les générations à venir”, a dit Joël Blayon, ancien marin pêcheur. La méfiance était palpable à quelques jours des mesures que le chef de l’État doit dévoiler et dont il avait dû différer l’annonce en raison de l’incendie de Notre-Dame.

Drapeau français à la main, Antoine, dirigeant d’une petite entreprise, estime que les mesures qui ont déjà fuité dans la presse (réindexation sur l’inflation des petites retraites, suppression de l’ENA…) “opposent les retraités aux actifs, les pauvres et les riches, les régions contre la nation”.

Les dons à Notre-Dame font débat

L’incendie de Notre-Dame lundi soir était également dans les esprits, notamment les centaines de millions d’euros promis pour reconstruire la cathédrale. “C’est une bonne chose cet argent pour Notre-Dame mais quand on voit ce qu’on peut débloquer en quelques heures…”, résumait Jean-François Mougey, retraité de la SNCF venu de Mulhouse.

“J’aime beaucoup Notre-Dame, je suis catholique, mais le plus grand des patrimoines ce sont la main et la tête qui travaillent”, insistait Jean-Marie, professeur à la retraite venu d’Auxerre. “On vaut bien une cathédrale”, proclamait également une pancarte de gilet jaune à Montpellier, théâtre d’échauffourées et mobilisée samedi comme d’autres villes.

À Bordeaux, place forte du mouvement, quelque 1.500 gilets jaunes ont défilé dans le calme, canalisés par les forces de police. À Toulouse, des milliers de personnes ont marché dans le centre de la ville, théâtre en fin d’après-midi d’échauffourées. “J’ai la trouille mais ça ne va pas m’empêcher de venir”, assurait Claudine Sarradet, retraitée de l’Education nationale.

À Marseille, les gilets jaunes étaient un petit millier au départ de la manifestation sur le Vieux Port.

Comme lors des récentes semaines, les autorités avaient interdit aux manifestations des lieux emblématiques de plusieurs villes, dont les Champs-Élysées et les abords de Notre-Dame. Selon l’Intérieur, 112 personnes ont été verbalisées samedi pour avoir tenté de braver ces interdits dans la capitale.

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Gilets jaunes : slogans “suicidez-vous” lancés aux policiers, une enquête ouverte

 Une enquête a été ouverte à la suite des slogans “suicidez-vous, suicidez-vous” lancés aux forces de l’ordre samedi dans la capitale lors de  l’acte 23 des gilets jaunes marqué par un regain de tension, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Paris, confirmant une information de RTL.

Cette enquête pour “outrage à personne dépositaire de l’autorité publique commis en réunion” a été confiée à la sûreté territoriale de Paris. Ces slogans ont soulevé une vague d’indignation dans la classe politique et parmi les syndicats de policiers. 

“Honte à ceux qui se sont livrés à une telle ignominie ! Soutien total à nos forces mobilisées, et à leurs familles. L’immense majorité des Français sait ce qu’elle leur doit”, a tweeté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dénonçant ces faits intervenus place de la République à Paris. 

“Ils crient: “suicidez-vous”. Depuis janvier, 28 policiers se sont suicidés. Deux fois plus que l’an dernier. Autant de familles détruites, auxquelles ce cri inhumain doit retourner le coeur… Aucun de ceux qui ont crié cela ne doit rester impuni. Aucun”, s’est également ému la tête de liste LR pour les élections européennes, François-Xavier Bellamy. 

“Ignoble” et “abject”, a réagi le maire LR de Nice, Christian Estrosi. “Honteux et indigne”, a ajouté le député LR Eric Ciotti, alors que cette nouvelle journée de mobilisation des gilets jaunes intervenait au lendemain d’un appel national des syndicats de police à des rassemblements en hommage aux collègues qui se sont suicidés. 

“Comment tenir de tels propos là où si souvent les Français se sont rassemblés dans la dignité et en hommage à la République ? Cette foule n’est pas le peuple. Condamnons ensemble ces paroles révoltantes”, a déploré Nathalie Loiseau, tête de liste LREM et ancienne ministre des Affaires européennes. 

“Comment peut-on scander ‘suicidez-vous’ aux forces de l’ordre ?! C’est honteux enfin !! Cette haine de la police est idéologique et hélas systématique dans les rangs des anarchistes”, s’est également indignée la dirigeante du Rassemblement national Marine Le Pen. 

“Il n’est pas acceptable que des gens crient ‘suicidez-vous’ à la police place de la République”, a déploré auprès de l’AFP Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. 

Le 23e samedi de manifestation des gilets jaunes, mobilisés depuis cinq mois en France, a été marqué par de nouvelles violences à Paris, avant les réponses attendues jeudi d’Emmanuel Macron à la crise.
 




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